On the road again!

On the road again !

Le moment est venu de reprendre la route vers ma prochaine étape : Cairns.

Le trajet (1674 km) me prend quatre jours avec une pause à Airlie Beach, superbe petite ville qui offre un paysage magnifique et une ambiance paisible.

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C’est donc reparti pour les longues heures de route, les cannettes de Redbull et la musique à fond dans les enceintes !  Brisbane derrière moi, je retrouve la campagne australienne, ses grandes étendues, son bétail et ses bleds perdus au milieu de nulle part où chaque boulanger propose la meilleure « meat pie » de la région.

Plus je monte vers le « North Queensland » et le « Far North Queensland » et plus le paysage change. Le climat est ici tropical et permet entre autres la culture des mangues, des bananes ou encore de la canne à sucre dont les champs bordent la route sur des centaines de kilomètres. Celle-ci fût importée avec la « First Fleet » (les premiers colons arrivés en Australie que j’avais déjà évoqués dans mon article sur Adélaïde) en 1788 mais ce n’est qu’en 1862 que la première plantation viable vit le jour près de Brisbane. En Australie, cette industrie s’étend aujourd’hui principalement de Grafton (dans le New South Wales) à Mossman, situé à 80 km au nord de Cairns. Le pays est le huitième producteur mondial et troisième exportateur après le Brésil et la Thaïlande. Si le sucre représente donc un enjeu économique important pour la région, il soulève cependant plusieurs questions environnementales comme la salinisation des sols et des cours d’eau. Les résidus d’engrais, de nitrates et de pesticides utilisés ont également un impact négatif sur l’environnement, notamment sur la Grande Barrière de Corail.

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Ces dernières semaines, les médias ont beaucoup relaté les inquiétudes de la communauté scientifique concernant la survie de celle-ci. A la pollution des eaux, d’autres causes viennent s’ajouter à son déclin : pêche, tourisme de masse et espèces invasives. Mais c’est bien le réchauffement climatique qui représente la principale menace pour le plus grand organisme vivant de la planète (une superficie de 344 400 kilomètres carrés qui s’étend sur plus de 2600 kilomètres le long des plages australiennes). De plus en plus de citoyens et d’associations s’organisent pour tenter de préserver le « Reef » comme en témoignent les récentes protestations contre le projet d’implantation d’une nouvelle mine de charbon à Carmichael. J’ai d’ailleurs croisé, lorsque je travaillais dans les alentours de Brisbane, des manifestants brandissant des pancartes et en train de scander, sur le célèbre air de Queen : « We will, we will stop you, Adani ! » (Adani étant l’opérateur indien responsable du projet).

L’effet de serre fait augmenter l’acidité et la température des eaux, ce qui entraîne le blanchiment des coraux. Des programmes citoyens existent d’ailleurs pour contrôler l’évolution de ce phénomène : CoralWatch, Great Barrier Reef Marine Park Authority et Reef Check Australia. Chacun peut ainsi s’armer de sa bouteille de plongée et de sa palette de pigments pour participer à la recherche scientifique.

C’est donc à Cairns que je prends un bateau pour aller, après deux heures de traversée, observer le monde de Nemo. Equipé de masque, tuba et palmes, je me lance à la découverte de cet univers sous-marin.  Environ 40 minutes sous l’eau me donnent un bref aperçu de toute la vie qui y grouille : énorme variété de poissons, mollusques et coraux ! Les plus chouettes moments restent mes rencontres avec une tortue marine et une raie qui doit mesurer 3-4 mètres de large. Une expérience géniale !

Je passe le reste du weekend à visiter le centre-ville de Cairns et le lundi je rebrousse chemin vers Townsville pour reprendre la route vers le centre du pays où je prévois de remonter jusque Darwin.

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Certaines prairies me rappellent la Nullarbor Plain mais les paysages sont beaucoup plus variés : plaines, montagnes, forêts, etc.  Côté faune on retrouve les classiques kangourous morts et vaches mais aussi beaucoup de très hautes termitières qui se dressent au loin comme des gratte-ciels miniatures. Cette région contient la plupart des mines métallifères du Queensland ainsi que d’autres ressources comme le zinc, l’argent et le plomb. L’industrie minière attirant beaucoup de main d’œuvre masculine, les villes des environs manquent de femmes… C’est ainsi qu’en 2008, le maire de Mount Isa, (aka John Molony), ville qui avait à l’époque un ratio de 5 hommes pour 1 femme, a lancé un appel aux demoiselles « beauty disadvantaged » à rejoindre ses concitoyens (#Champion). J’en ai discuté avec la dame à l’accueil du camping (née ici mais qui a passé une grande partie de sa vie au Danemark) qui me confirme que les gens sont plutôt « rough » ici…

Beaucoup de choses donc en semaine ! Il me reste à présent environ 1600 kilomètres avant de rejoindre Darwin…

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