Drowsy drivers die: Nullarbor Plain & Eyre Highway

Après avoir roulé 500 bornes d’Albany à Esperance, je me sens rodé et prêt à engloutir les kilomètres jusqu’à Adélaïde. Avant de redémarrer, nous nous reposons une journée avec mes compagnons de route dans le très beau parc national de Lucky Bay. Les kangourous sautillent sur la plage de sable blanc où vient s’échouer l’eau la plus limpide que j’ai vue pour le moment.

C’est le lendemain que les choses sérieuses commencent !

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« Drowsy drivers die » : les conducteurs somnolents meurent (#AnglaisAdvancedLevel !). Bienvenue sur la plus longue ligne droite d’Australie, l’une des routes mythiques du pays : Eyre Highway. S’étalant sur 1660 kilomètres, elle relie Norseman à Port Augusta en traversant la « Nullarbor Plain » (qui vient du latin « nullus » : nul et « arbor » : arbre. Retiens bien, c’est important pour la suite). Elle est à deux bandes et la vitesse y est limitée à 110 km/h.

C’est long… très long mais la traversée offre une diversité incroyable de paysages plus surprenants les uns que les autres. Entre les buissons, les grands buissons ou encore les incontournables petits buissons à la renommée internationale, ce n’est pas ici que tu vas t’embêter !

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Adonne-toi aux incontournables activités locales : dépenser ton salaire en faisant un plein, faire signe aux voitures que tu croises, jouer avec les mouches qui n’ont pas peur de venir se poser sur ton visage (trop mignon !) et compter les kangourous morts sur le bord de la route!

La vue de ceux-ci devient très vite banale quand je remarque qu’il y a plus de marsupiaux qui sont à terre les tripes à l’air bectées par les charognards qu’en train de gambader gaiement dans la nature (un wombat retourné compte pour deux points et un chameau pour dix points). La présence de quadrupèdes bossus s’explique par les vagues migratoires d’afghans entre 1860 et 1930 qui les amenèrent avec eux. Ils furent très utiles lorsqu’il fallait transporter de la marchandise, notamment pour la construction du chemin de fer. Ceux-ci étaient bien plus adaptés au climat de l’Outback que tout autre animal de trait. Il est d’ailleurs marrant de savoir qu’aujourd’hui, des pays comme l’Arabie saoudite importent leurs chameaux d’Australie.

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Bref, en voyant tout ça, je prie pour ne pas en chopper un qui ferait de sérieux dégâts à mon van ! Au banc des accusés de ce massacre animal (mais que fait Brigitte Bardot !?) : les « Road Trains ». Ce sont d’immenses camions qu’on retrouve notamment aux Etats-Unis, en Argentine, au Mexique et en Australie et qui peuvent tirer jusqu’à parfois cinq remorques! On ne peut pas les louper quand ils nous secouent et je me sens comme un vrai pilote quand je dois en dépasser un les mains sur le volant et le pied au plancher (#VinDiesel).

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L’ennui me pousse à finir la route rapidement et je n’ai pas envie de m’éterniser au milieu de ces étendues désertiques qui font travailler mon imagination m’angoissant entre légendes urbaines et faits divers sanglants incluant les meurtres de backpackers (#WolfCreek). Si ces histoires sont souvent exagérées,  ce genre de drame arrive vraiment et après un incident qui s’est produit quelques nuits avant lors duquel la police a dû intervenir je réalise qu’il y a des endroits dans lesquels il ne fait pas bon de rester pour prendre le café. Tant qu’on est à parler de fêlés, j’en ai croisé plusieurs qui traversaient la plaine à vélo (probablement des gens qui ont déjà tout fait dans leur vie et qui s’ennuient).

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Je tiens encore la forme après quatre jours et 1400 bornes. Les derniers kilomètres vers Port Augusta le lendemain deviennent cependant assez durs. La monotonie des lieux additionnée à la fatigue commencent à piquer les yeux. Je me dis qu’il est grand temps d’arriver à destination quand, après mon deuxième Redbull, je commence à chanter du Maitre Gims, la musique à balle dans la voiture (#FatiguéCommeJamais). Nous passons la nuit sur place et la dernière journée de route nous amène enfin à Adélaïde. Je touche du bois que mon van ne soit pas tombé en panne !

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Je ne regrette sûrement pas cette expérience, mais s’il ne fallait choisir qu’un seul chemin pour un road-trip en Australie, je ne conseillerais pas celui-ci.

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