Après avoir quitté Margaret River, je décide d’aller cuver mon vin ailleurs et de rouler vers Albany.

Je prends mon temps pour faire quelques arrêts comme à Augusta où je découvre un somptueux phare. Mon périple m’entraîne à travers un tas de petits bleds : Nillup, Darradup, Jalbarragup, Barrabup, Pump it up [réf. souhaitée] … Toutes ces bourgades se ressemblent et n’offrent pas grand chose à part un petit centre-ville où il fait bon de se ravitailler. L’asphalte ne cesse de monter et de descendre comme des montagnes russes et traverse d’immenses forêts d’Eucalyptus. C’est lors d’un lunch à Nannup que je découvre, un peu par hasard, un pont sur lequel passait une ancienne ligne de chemin de fer qui, à partir de début 1900, était utilisée pour transporter le bois de construction jusqu’à la côte, à Wonnerup, pour l’exportation. La ville est traversée par la Blackwood River qui, avec ses 2.35 millions d’hectares est presque aussi large que la Belgique (c’est autre chose que la descente de la Lesse). Si l’environnement urbain rencontré n’est pas des plus excitants, la nature dans la région est éblouissante et c’est toujours agréable de poser son bivouac au milieu des bois. Je suis d’ailleurs à chaque fois impressionné par les immenses mobil-homes qu’on peut y croiser (à côté desquels mon van ressemble à une vulgaire bicoque). Les propriétaires de ses villas ambulantes sont en fait, pour beaucoup, des « Greys Nomads ». Il s’agit de gens qui décident de vivre leur retraite sur la route. C’est un vrai phénomène ici puisque certaines études estiment que leur nombre s’élève à une dizaine de milliers. Certains d’entre eux continuent même de travailler, en récoltant les fruits dans les fermes par exemple.
Pemberton : avocats et groupes hippies
Toujours sur le chemin avec mon camarade allemand, nous arrivons à Pemberton et croisons deux Français que nous avions rencontré une semaine plus tôt. Ceux-ci nous parlent d’un rassemblement hippie qui a lieu dans le coin. Après avoir longuement hésité à amener mon van au garage le plus proche pour le transformer en perceuse géante (si tu ne comprends pas la référence, revois tes classiques), je décide de mettre mes préjugés de côté et d’aller rencontrer ces joyeux babas que je pensais disparus depuis belle lurette. Nous passons une très bonne soirée à écouter les différents artistes jouer leurs compositions folks et à nous dandiner au rythme du banjo. Les heures défilent dans une ambiance chaleureuse et très familiale et au moment d’aller me coucher, je suis rassuré quand je croise sur le sol, une jeune dame qui confirme mes idées reçues en imitant frénétiquement ce qui semble être un tigre (elle devait être dans un trip dark, pas trop smooth… un peu trans quoi).

Pemberton regorge de fermes d’avocats et c’est donc l’endroit idéal pour trouver un boulot début novembre. Mais comme je suis aussi ponctuel qu’un carabinier, je ne m’y éternise pas et après un arrêt au Gloucester Tree je redémarre vers Albany espérant trouver mon bonheur avec les fraisiers.
Valley of the Giants
Avant de continuer, des petits travaux s’imposent sur le van. C’est une grande première pour moi de passer sous la voiture et de mettre les mains dans le cambouis. Il s’agissait de l’huile et du filtre (#BenziMecano).

L’arrêt suivant se situe à Denmark où se trouve « Valley of the Giants », une grande forêt de « Red Tingle » qui est une espèce d’Eucalyptus qui peut vivre jusque 400 ans et atteindre une circonférence de 20 mètres. Beaucoup de ses arbres sont creux à cause des insectes, des champignons et des feux de forêts. L’endroit m’a directement fait penser à la lune forestière d’Endor (ne cherche pas sur Google Map, tu ne trouveras pas). Quelle ne fut pas ma déception de ne pas croiser d’Ewok ou de speeder garé sur le parking ! Si tu fermes les yeux et que tu te concentres, tu pourras même ressentir la force (passe chez nos amis de Pemberton avant… ça t’aidera). Le site se divise en deux parcours. D’une part le « Tree Top Walk » qui permet aux visiteurs de prendre de la hauteur en se baladant sur des passerelles suspendues entre le troncs et d’autre part « The Ancient Empire » qui offre une promenade le long de laquelle on retrouve plusieurs pancartes donnant un tas d’informations sur les lieux.
