Une info, calée entre les débats pour la présidentielle (« Late night with David Pujadas ») et les récents problèmes de constipation de Roberto Martinez, n’a pas pu t’échapper : cette semaine, l’Etat du Queensland a été violemment touché par le cyclone Debbie. Rafales de vent de 270km/h, vagues et pluies torrentielles ont provoqué d’immenses dégâts dans le nord et ce sont des milliers de personnes qui ont dû être évacuées au risque de se réveiller ensevelies sous les poutres et les planches (ajouter à la to do list: lire « Les trois petits cochons »). En parcourant la presse, on peut évaluer l’ampleur des dégâts et des pertes économiques. Une dépêche a d’ailleurs particulièrement fait le buzz : un requin-bouledogue a été retrouvé sur la route (comme dans le très bon documentaire sur le sujet, « Sharknado », que je vous conseille vivement).

Si l’intensité des intempéries a diminué en arrivant ici, Brisbane n’a pas été épargnée et les litres d’eau ont aussi déferlé sur la capitale. Les écoles ont été fermées et les employés, renvoyés chez eux, ont envahi les « bottles shops », avant de rentrer à la maison (on ne sait jamais !). De mon côté, n’écoutant que mon courage et mon estomac devant le frigo vide, j’ai décidé de sortir affronter le déluge pour me ravitailler.
C’est à peine après avoir mis un pied dehors que je vois au loin une silhouette rampante s’approcher à vive allure de moi… Mon sang ne fait qu’un tour quand je m’aperçois que cette masse de 400 kilos est en fait un crocodile !
Après une très courte montée de stress (j’ai quand même été surpris sur le coup) et face au danger réel, je reprends mes esprits et j’exécute la technique dite du « Gibbon Fragile » (apprise lors de mon stage d’arts-martiaux en Corée du Nord l’été passé) qui consiste à faire le mort. Déboussolé, l’adversaire se sent perdu et ce court instant est le moment idéal pour lui sauter au cou et l’agripper.

Passé en mode super guerrier, le spectacle peut commencer !
J’enchaîne les techniques de MMA que Ronda Roussey m’a apprise quand on sortait encore ensemble : écrasement de mâchoire, flying triangle, clé de coude… Tout y passe ! La bête blessée devient féroce et rend coup pour coup lorsque, suite à un moment d’inattention de sa part, j’en profite pour lui envoyer un énorme uppercut dans les crocs. Sonné et titubant, Tick Tock Crock (c’est comme ça qu’il s’appelle) tente vainement une dernière riposte avant de s’écrouler devant moi. Je peux enfin appeler les pompiers qui viennent chercher l’animal somnolent.
Il n’a pas fallu plus 30 minutes pour que la presse, avertie par Bob (mon voisin), soit sur place pour couvrir l’événement. Depuis, je croule sous les sollicitations : le Premier Ministre m’a envoyé un fax de félicitations, Paul Hogan m’a proposé de jouer dans « Crocodile Dundee, la web série », Hugh Jackman m’a skypé pour avoir l’adresse de la salle où je m’entraîne, Nicole Kidman m’a envoyé une invitation sur Tinder Select et Kylie Minogue me harcèle pour chanter à mon anniversaire. Certains chefs de tribus aborigènes ont même fait le déplacement pour voir celui qu’ils appellent, en langue « Abodja »: l’« Ar » (qui veut dire : « homme blanc qui a terrassé le reptile »).
Heureusement pour moi, les choses se sont maintenant calmées. Une chose est sûre, je n’oublierai jamais le jour où j’ai mis KO ce crocodile (ou alors c’était une carpe? Je ne sais plus trop maintenant).