L’Australie est un pays où il fait très bon vivre. Longue espérance de vie, faible taux de criminalité, deuxième sur le podium de l’IDH (indice de développement humain), haut taux d’emploi… La liste est longue. Ce n’est pas pour rien que Sydney, Melbourne ou encore Perth reviennent chaque année dans le top 10 « des villes où il fait bon s’expatrier » de La Libre.be.
On va donc mettre de côté les paysages de rêve pour un moment et passer en mode sujet de société. C’est parti pour dénoncer sec (mental d’Elise Lucet) ! Non, on ne va pas parler de l’AUFSTA et du ChAFTA. Ce sera peut-être pour une autre fois, l’avenir nous le dira bien assez tôt (« Wow dingue des accords de libre-échange existent déjà ? »… Désolé je m’égare).
Aujourd’hui c’est zen et bien-être, alors déconnecte toi de Doctissimo, sers-toi un jus détox, prends ton air sérieux en mode Michel Cymes et découvre 5 informations santé sur l’Australie.
- « Ik heb de zon zien zaken in de zee »
Tu te dis probablement : « trop sympa l’Australie, je vais enfin avoir ce teint hâlé dont j’ai toujours rêvé » ? Oublie cette idée tout de suite. Le soleil ici tape fort, très fort, plus fort que la frappe d’Eden Hazard. Au banc des accusés : cette vieille raclure de trou dans la couche d’ozone. Les slogans des campagnes gouvernementales résument bien le problème :« Cutting your sun exposure is easier than cutting out a skin cancer », « Tan today, cancer tomorrow ». Je te donne un chiffre encore plus parlant : deux australiens sur trois seront diagnostiqués d’un cancer de la peau avant leurs 70 ans. Ça fait peur hein ? Alors va t’acheter tout de suite de la crème solaire de compétition, couvre toi un maximum (c’est l’occasion de jeter ton affreux débardeur), bois beaucoup d’eau et cherche l’ombre le plus possible. Après être revenu tout rouge de Rottnest Island j’ai moi-même couru à la pharmacie chopper un bidon indice 50 spécial famille.

- Le tabac c’est (très) tabou
Il y a quelque chose de vraiment agréable ici : se promener en centre-ville et ne pas sentir d’odeur de cigarette.
L’Australie est pionnière dans la lutte anti-tabac. Les mesures-chocs s’enchaînent ces dernières années : prix prohibitifs, images dégoûtantes mises en valeur par le paquet neutre, publicité non-autorisée, interdiction de fumer dans beaucoup d’espaces publics (plages, parcs, rues commerçantes, terrasses…). Tout est mis en place pour faire passer la clope pour un produit de gros boloss. En librairie, par exemple, les paquets ne sont pas visibles car cachés dans une cabine (c’est devenu plus gênant d’acheter tes Gauloises que de rentrer dans un sex-shop). Ces politiques ont donné de très bons résultats. En 2012 la consommation était tombée à 13% (contre 27% de fumeurs en Belgique). Maggie si tu me lis, tu sais ce qu’il te reste à faire…

- Surpoids et obésité
On passe du coq à l’âne (« Oh le sale troll ! »). Si ces dernières années ont vu le tabagisme mais aussi l’alcoolisme diminuer, c’est loin d’être le cas pour le surpoids et l’obésité. Avec 63% de la population (adulte) ayant un indice de masse corporelle supérieur à 25 (le savais-tu, l’IMC a été inventé par un scientifique belge ? #PointCulture #BigupAdolf), l’Australie détient la quatrième place au classement des nations les plus gourmandes du monde (« Gourmand? Sérieux? Garde la frite c’est vraiment trop politiquement correct ! »). Et c’est loin d’être étonnant vu ce que les gens bouffent ici. Quand tu passes devant une enseigne qui s’appelle « Healthy Burgers » ou encore « Sushis : the healthy choice », tu comprends vite qu’il y a des principes de base qui ont été mal digérés. Bref, fais gaffe à ton tour de taille ! Mais ne t’en fais pas trop non plus, parce qu’au regard du prix de la nourriture ici, c’est pas en mangeant du riz et des nouilles tous les jours que tu vas grossir.

- Vous avez bonne mine
Juvamine !
Vitamines, compléments alimentaires, huiles de poissons… Les cachets qui te font plus uriner que de te remettre en forme se trouvent partout ici : les pharmacies, les magasins spécialisés, les supermarchés… C’est aussi banal que d’acheter ta brosse à dent et ton papier-cul. La petite dernière qui fait fureur en ce moment est la baie d’açai, fruit de l’Euterpe Oleracea, palmier originaire d’Amérique du Sud. C’est exotique, ancien et naturel, donc vendeur. 52% des Australiens avalent toutes sortes de granulés et le pays figure d’ailleurs dans le top 10 des plus gros consommateurs. Si tu es toi-même accro à ces petites pilules de vitalité je te conseille la lecture de cet article de IFLS sur le sujet : http://www.iflscience.com/health-and-medicine/most-vitamins-are-useless-but-here-are-the-ones-you-should-take/.

- L’exception aborigène
Le but ici n’est pas de faire le point sur le statut social des aborigènes (il y aurait beaucoup des choses à dire) mais de souligner qu’il y a un écart énorme en termes de santé entre ceux-ci et les autres Australiens. Quelques exemples parlent d’eux-mêmes : une espérance de vie 17 fois plus faible, un taux de mortalité infantile deux fois plus élevé, des problèmes auditifs chez la majorité des enfants, alcool, drogues, maladies rares… Plus tout le reste. Quand on parle santé en Australie, il est important de savoir que cette communauté fait généralement figure d’exception.
